Cosmétique : noter une formule sans score obligatoire

En cosmétique, aucun règlement n’impose de noter un produit. Et pourtant la note arrive de partout : un distributeur réclame un indice environnemental pour référencer une gamme, un donneur d’ordre exige une évaluation RSE avant de signer, une marque veut afficher son propre barème. Personne ne vous oblige à produire un chiffre, tout le monde vous le demande.
La demande vient du marché, pas du législateur
La différence avec l’agroalimentaire est nette. Là-bas, un score s’appuie sur un texte ou un programme public, et certains pays l’imposent ; ici, il s’impose parce qu’un client l’a mis dans son cahier des charges. La conséquence pratique est la même — il faut le calculer, le justifier et le tenir à jour — mais la source du barème change tout : elle est privée, elle évolue sans préavis réglementaire, et elle diffère d’un donneur d’ordre à l’autre.
Sur une même fiche produit cohabitent donc des évaluations d’origines très différentes : une notation RSE d’entreprise, un indice sectoriel, un score d’impact propre à la marque.
Certaines sont saisies à la main parce qu’elles viennent d’un organisme extérieur ; d’autres se calculent à partir de la formule et de l’emballage. Les mélanger dans un tableur revient à perdre la trace de ce qui a été calculé et de ce qui a été recopié.
Construire son propre barème
C’est la particularité du secteur : beaucoup d’acteurs finissent par définir leur score maison, parce qu’aucun indice existant ne reflète leurs priorités — naturalité, origine des matières, procédé, packaging, biodégradabilité.
Un tel barème n’a rien d’un gadget : il combine des critères pondérés, souvent nombreux, et sort une note convertie en lettre.
Le point important : dans beCPG, il se construit en paramétrage, avec les critères d’évaluation — des critères, des pondérations, des formules de calcul et un classement en lettres (A, B, C, D). C’est ce qui permet de le faire évoluer quand la direction RSE change un arbitrage, sans attendre une version du logiciel.
Ce qu’un score maison doit porter pour être défendable
- Une version. Un barème révisé reçoit un nouveau numéro de version, et l’on sait selon laquelle chaque produit a été noté.
- Le détail du calcul. Une note globale ne se discute pas avec un client ; un critère, si. Quand un donneur d’ordre conteste un B, la réponse tient dans les indicateurs qui l’ont produit.
- La date. Une attestation a une durée de validité. Un score sans date de calcul ne prouve rien.
Le calculer avant de figer la formule
L’erreur la plus coûteuse est de noter le produit une fois qu’il est développé. À ce stade, une mauvaise note se paie en reformulation complète, en refonte du packaging, ou en renoncement au référencement.
Calculé pendant la formulation, le score devient un critère de conception comme le coût ou la conformité réglementaire : on voit ce que change une substitution de tensioactif ou un passage à un flacon plus léger, au moment où le choix est encore ouvert. C’est la logique déjà décrite pour le calcul du Green Impact Index, élargie à tous les barèmes que vos clients vous imposent.
En cosmétique, le score n’est pas une obligation : c’est une condition d’accès. Si vous voulez voir ce que donnent vos propres formules, parlons-en.



