Formulation

Compléments alimentaires : la dose journalière fait foi, pas les 100 g

Flacons ambrés et gélules sur une paillasse de laboratoire, balance analytique en arrière-plan

Un complément alimentaire ne se déclare pas comme un aliment. Personne ne mange 100 g de gélules : ce qui compte, c’est la dose journalière recommandée, et le pourcentage de la valeur nutritionnelle de référence qu’elle apporte. Un tableau nutritionnel pour 100 g ne répond à aucune de ces deux questions — et il faut malgré tout partir de lui pour arriver à l’étiquette.

Ce qu’un complément déclare, et qu’un aliment ne déclare pas

La directive 2002/46/CE encadre l’étiquetage des compléments alimentaires. Elle impose une portion journalière recommandée, la quantité de chaque nutriment ou substance apportée par cette portion, et son pourcentage de valeur nutritionnelle de référence lorsqu’une VNR existe. À cela s’ajoute un avertissement de ne pas dépasser la dose indiquée.

Trois différences de fond avec une étiquette alimentaire en découlent :

  • l’unité de déclaration est la dose, pas les 100 g ;
  • les actifs se comptent en milligrammes ou en microgrammes, parfois très loin de 100 % de la référence ;
  • la matière première n’est presque jamais l’actif : on met en œuvre un gluconate de zinc pour apporter du zinc, avec un titrage qui fait toute la différence.

La valeur par dose n’est pas une simple division

Prenons une gélule de 600 mg dosée à 500 mg de vitamine C et 10 mg de zinc. Sur la formule, rien de tout cela n’est saisi : on saisit 30 g d’acide ascorbique et 4,2 g de gluconate de zinc titré à 14,3 %, pour un lot de 60 gélules. Le reste se déduit.

Tableau nutritionnel d'un complément alimentaire dans beCPG : vitamine C et zinc avec la valeur pour 100 g, la valeur par gélule, la valeur étiquetée avec ses tolérances et le pourcentage de la valeur de référence

La colonne « 1 portion » donne les 500 mg et les 10 mg attendus, et le pourcentage suit : 625 % de la référence pour la vitamine C, 100 % pour le zinc. La valeur étiquetée, elle, arrive encadrée de ses tolérances de contrôle — parce que c’est cette valeur-là, et non la valeur de calcul, qui sera confrontée à un résultat d’analyse.

Une formule, plusieurs marchés

C’est là que le sujet devient franchement inconfortable en tableur. La dose ne bouge pas d’un pays à l’autre : 500 mg de vitamine C restent 500 mg. Mais la valeur de référence à laquelle on la rapporte, elle, change — et le pourcentage imprimé sur l’étui avec elle.

Une gélule de 500 mg de vitamine C : la dose ne change pas, la valeur de référence si
MarchéValeur de référence de la vitamine CPourcentage pour 500 mg
Union européenne80 mg625 %
États-Unis90 mg556 %
Chine100 mg500 %
Brésil100 mg500 %
Russie (Union économique eurasiatique)60 mg833 %
Australie40 mg1 250 %
Valeurs de référence : règlement (UE) n° 1169/2011 (annexe XIII), 21 CFR 101.9 (FDA), GB 28050-2011 (Chine), IN 75/2020 de l’ANVISA (Brésil), TR TS 022/2011 (Union économique eurasiatique), Food Standards Code, annexe 1 (Australie). Pourcentages avant arrondi : chaque réglementation applique ensuite ses propres règles.

Un rapport de deux et demi entre l’Australie et la Chine, sur le même produit. Les arrondis et les tolérances diffèrent eux aussi selon la réglementation. Dans beCPG, la valeur étiquetée suit les règles d’arrondi et les tolérances des pays de commercialisation, à partir de la même formule : il n’y a pas un tableau par pays à recopier, il y a une formule et des réglementations qui s’y appliquent.

Ce que la formulation doit arrêter avant l’usine

Un complément se trompe rarement à moitié. Un titrage mal repris, une unité confondue entre le milligramme et le microgramme, un actif dosé au-delà de ce que le marché visé autorise : l’erreur ne se voit ni au mélange ni au conditionnement, elle se voit sur un rapport d’analyse ou dans un courrier d’autorité.

D’où l’intérêt de poser des bornes sur la formule elle-même. Un minimum et un maximum par nutriment, contrôlés à chaque reformulation, transforment une relecture d’étiquette en un contrôle qui se déclenche tout seul. Le principe est le même que pour le calcul des allégations nutritionnelles : ce qui est vérifiable par une règle n’a pas à être vérifié à la main.

Par où commencer

Le point de départ n’est pas l’étiquette, c’est le référentiel des matières premières : le titrage de chaque actif, son unité, sa forme d’apport. Une fois cette base juste, la dose, les pourcentages et les déclinaisons par marché ne sont plus que du calcul.

Si vous voulez confronter ce fonctionnement à votre gamme et à vos marchés d’export, écrivez-nous.

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