Référentiel produits

Combien d’étiquettes-scores votre produit doit-il porter ?

Emballages, bocaux et flacons sans marque disposés sur une surface claire

Une boisson vendue dans six pays porte aujourd’hui six marquages différents : une lettre ici, des étoiles là, des feux tricolores ailleurs, des octogones noirs plus loin. Aucun n’est calculé de la même façon, et aucun ne se déduit d’un autre. La question n’est plus de savoir lequel est le bon, mais comment les tenir tous à jour sur la même fiche produit.

Un même produit, cinq notes (et bientôt plus)

Voici une même recette, un éclair au chocolat, vue par plusieurs dispositifs. Le Nutri-Score le classe D dans ses deux versions, les feux tricolores britanniques signalent les acides gras saturés en rouge et l’Italie propose ses batteries d’apports de référence. Sur la même fiche, l’Australie lui donne deux étoiles sur cinq et la recyclabilité PPWR de son emballage est classée B.

Scores portés par l'éclair au chocolat noir, chacun avec sa version : Nutri-Score 2017 et 2023, feux tricolores, NutrInform Battery, Health Star Rating, recyclabilité PPWR de l'emballage et score unique PEF

Ce n’est pas une incohérence. Ces scores ne mesurent pas la même chose : l’un parle d’impact environnemental, les autres de profil nutritionnel, et parmi ces derniers certains notent le produit d’un seul trait quand d’autres exposent nutriment par nutriment.

Pourquoi ils ne se ressemblent pas

Les marquages se répartissent en trois familles, et la famille détermine ce que le consommateur en fait :

  • les notes de synthèse — une lettre, un chiffre, des étoiles — qui résument tout le produit en un symbole et permettent la comparaison entre références ;
  • les affichages détaillés — feux tricolores, batteries d’apports de référence — qui ne tranchent pas et laissent le lecteur juger nutriment par nutriment ;
  • les avertissements — octogones, loupes — qui n’apparaissent qu’au-delà d’un seuil et ne disent rien quand le produit est en dessous.

S’y ajoute une distinction moins visible mais plus structurante : certains scores sont officiels, adossés à un texte réglementaire ou à un programme public, d’autres sont privés — une note d’application mobile, un référentiel de filière, un score interne à une marque.

Ce qui distingue vraiment un score d’un autre

Derrière chaque marquage, quatre paramètres suffisent à le décrire : la version du barème, le moteur qui le calcule, l’échelle qu’il produit, et son caractère officiel ou non.

Référentiel des définitions de scores dans beCPG : nom, code, version, moteur de calcul, échelle et unité de chaque score

C’est ce tableau qui rend l’ensemble tenable. Un score adossé à un algorithme réglementaire complexe passe par un moteur dédié ; un score fondé sur des seuils par nutriment se décrit entièrement par ses seuils ; un score composé de critères pondérés s’écrit en formules ; un indicateur saisi à la main reste saisi à la main. Pour un score à seuils ou à critères, ajouter un marquage revient le plus souvent à paramétrer des lignes dans ce référentiel, sans écrire de code.

Un score peut en cacher plusieurs

Certains dispositifs ne se contentent pas d’une note globale : ils exposent les axes qui la composent, par exemple les pesticides, la biodiversité et le climat pour un score environnemental. C’est souvent l’axe qui intéresse la R&D plus que la note.

Quand la note générale se dégrade, savoir lequel des axes a bougé oriente la reformulation. Une moyenne qui baisse ne dit pas quoi changer ; un sous-indicateur, si.

Le vrai sujet : la version

Un barème change. Le Nutri-Score a connu une révision de son algorithme, les référentiels environnementaux sortent des versions successives, les seuils d’avertissement se durcissent d’un pays à l’autre au fil des révisions. Un score sans numéro de version est une donnée dont personne ne peut dire quand elle a été calculée ni selon quelle règle.

C’est la raison pour laquelle chaque ligne porte sa version et son millésime : quand un auditeur ou un client demande sur quelle base une note a été produite, la réponse est sur la fiche. C’est le même réflexe que celui décrit pour le passage au nouvel algorithme du Nutri-Score : ce qui compte n’est pas de recalculer, c’est de savoir ce qu’on a affiché et quand.

Vos produits porteront plus de scores demain qu’aujourd’hui. Autant décider maintenant où ils vivent. Si vous voulez voir ce que donnent vos propres recettes, parlons-en.

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